|Mali|
Gestion de la biodiversité végétale par les populations de Bamba, Nord Mali : pratiques et perceptions
Auteur(s): Denis GAUTIER et Kantougoudiou COULIBALY
Dans un environnement sujet à l’aridification depuis une trentaine d’année, à l’érosion et à l’ensablement des plaines, l’exploitation des ressources végétales devient un exercice d’autant plus risqué qu’elle n’est pas organisée. Pourtant, sur le territoire de Bamba, situé sur la rive gauche du fleuve Niger entre Gao et Tombouctou au Mali, les pratiques semblent figées, bien que les représentations de l’environnement par les populations locales évoluent. Bien que les troupeaux de bovins aient régressés, l’élevage extensif est toujours très présent avec d’importants troupeaux de petits ruminants. Cet élevage a tendance à se sédentariser. Si certains troupeaux suivent toujours l’évolution spatiale des pâturages en migrant saisonnièrement vers le Gourma au Sud du fleuve, l’essentiel des troupeaux sont gérés autour des trois puits de Bamba et des bords du fleuve Niger. La pression pastorale est importante, d’autant plus que des espèces particulièrement appréciées pour leur valeur fourragère ont pratiquement disparu du paysage. Outre la pression pastorale, l’exploitation des arbres, principalement localisés dans les dépressions dunaires, s’est développée notamment autour des villages au bord du fleuve. Du bois est exploité pour l’autoconsommation, mais surtout pour la vente en direction de Bourhem et Gao. Des arbres épineux sont également exploités pour construire des enclos à bétail ou des barrages dans les plaines irriguées.
La biodiversité semble menacée, tandis que la biomasse végétale régresse un peu partout autour des implantations humaines (villages, campements et puis). Les habitants de Bamba perçoivent cette dégradation. Ils constatent la baisse de la biodiversité. La majorité d’entre eux attribue cette dégradation aux aléas climatiques. L’idée selon laquelle, si les conditions climatiques s’améliorent, la végétation redeviendra comme avant est largement répandue. Seuls les bûcherons qui vendent du bois sont pointés du doigt. Pour le reste, et en dehors de plantations éparses de Prosopis juliflora pour stabiliser les dunes mobiles autour des villages, il n’y a pas de changement de pratique en réaction à ces perceptions négatives de l’évolution de l’environnement et de la biodiversité.
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- Soumis par gregoire le 27/12/2004 à 9:25