|Burkina Faso|
Simulation d’une réforme de la filière coton au Burkina Faso : résultats d’un modèle d’équilibre partiel récursif (document en Anglais)
Auteur(s): Daniel Deybe et Bruno Barbier
Un modèle d’équilibre partiel récursif a été appliqué au Burkina Faso pour explorer l’impact probable d’une réforme de politiques de la filière coton. Le côté offre du modèle simule le comportement des fermiers via la maximisation de leur utilité et des prix attendus, sus une contrainte de risque « sécurité d’abord ». Le modèle distingue entre groupes d’agriculteurs et d’éleveurs dans les écorégions et les groupes de consommateurs des villes principales. Le modèle prend en compte le délai entre les décisions de semer et le moment de la commercialisation, ce qui permet à la production d’être différente de l’attente initiale. Lorsque l’autoconsommation des agriculteurs est mise de côté, le surplus est confronté à la demande de nourriture ce qui produit des prix d’équilibre. Ces prix représentent le revenu net de l’agriculteur lorsqu’on soustrait les coûts de transaction et les surplus commercialisables. Une fraction du revenu devient la valeur initiale pour une nouvelle simulation annuelle, laquelle est répétée séquentiellement sur une période de 5 ans.
Les réformes de politiques de la filière coton testées sont l’augmentation du prix à la ferme, une plus grande variabilité des prix, la disparition du système de crédit « captif », une meilleure distribution des engrais, et l’élimination de taxes et subsides. Les résultats de la libéralisation de la filière coton suggèrent un effet positif sur le reste du secteur agricole, mais cet effet compense à peine l’effet de la perte du système de crédit et d’un système de distribution des engrais moins efficace. Les résultats confirment aussi qu’une libéralisation partielle de la filière coton mènerait vraisemblablement à un système de production plus extensif avec moins d’intrants, des rendements plus faibles, une surface cultivée plus importante et une dégradation des sols un peu plus importante, ce qui est observé dans les pays où la libéralisation est déjà bien engagée. Un facteur déterminant reste le système de distribution des engrais, qui en Afrique est généralement peu développé et ne bénéficie pas de l’appui de l’état (ce qui est le cas de la plupart des intrants agricoles). Ceci milite en faveur de la gestion locale intégrée de la fertilité des sols préconisée par le DMP, tout en gardant en tête que les rendements de grains devront être au moins égaux que dans le cas d’utilisation d’engrais chimiques.
Voir Document
(144 kB)
- Soumis par gregoire le 21/12/2004 à 10:13